Ecologistes et élus du Département se battent sur l'opportunité d'un nouveau barrage sur l'Auzance, à Vairé. Le MIL « conflits d'usages » s'est exporté 2 jours sur le terrain vendéen du 03 au 04/11/2009.
La 1ère étape a consisté à rencontrer le maire de Bouin, président du syndicat de l'eau, et de comprendre les problématiques hydrauliques de gestion du marais de Boin. Le président du syndicat nous a ensuite exposé les différents travaux de lutte contre la mer ( digue , enrochements sur la zone portuaire ,..) qui ont permis de conquérir des terres sur la mer et de créer des polders valorisés actuellement par l'activité ostréicole. Il nous a ensuite exposé le projet de développement éolien mis en place sur ce territoire.
L'après-midi, nous nous sommes rendus sur le terrain pour voir ces différents travaux et comprendre l'intérêt écologique des polders et du marais en général. (Photos 2 à 11)
La 2ème journée nous a permis de récupérer des avis et des informations sur le thème conflictuel choisi par un groupe d'apprentis et de rencontrer 2 acteurs principaux : Vendée eau et l'association COORLIT 85. Concernant Vendée eau, la problématique est la suivante : en 2005, la situation de distribution en eau potable a été préoccupante et l'on estime un déficit à venir de 8.8 Millions de m3 d'eau potable sur les zones côtières. Après 2 millions d'euros d'études, 2 scénarios ont été étudiés : - la retenue sur l'Auzance (dernière rivière de Vendée sans barrage) et une conduite enterrée avec un captage dans la Loire. Même si l'impact environnemental est important dans le 1er cas , les coûts de mise en œuvre de ce projet (80 millions d'euros) moins chers que le 2ème choix ont conduits Vendée eau à choisir le barrage. (Photos 12 à 14)
L'après-midi, sur le terrain, les arguments de l'association COORLIT 85 (Coordination des associations environnementales du littoral vendéen) et d'un riverain étaient bien différents : « l'impact environnemental sera considérable sur l'Auzance (dernière rivière vendéenne sans barrage), ses milieux environnants et notamment en aval sur les marais (classés Natura 2000) ,sur le transfert des sédiments et sur les paysages. Il y aura augmentation de l'eutrophisation . Les périmètres de protection sont contestables ( 9 % du bassin versant). Beaucoup de chiffres seraient à reconsidérer et peu de choses sont dites ou faites sur les économies d'eau et la reconquête de la qualité des eaux. » (Photos 15 à 18)
L a directive cadre sur l'eau (DCE) pourrait contrarier le projet, mais une prise en compte de ce projet dans le SAGE permettra sans doute de faire valider celui-ci. La désalinisation, la prospection de ressources souterraines et des efforts d'économies (recherche de fuites, sensibilisation, évolution des pratiques agricoles) ne seraient elles pas des pistes à creuser plus conformes au Grenelle de l'environnement ?