Des élèves de Nermont aux petits soins pour la roselière de Donnemain (jeudi 12 février 2009)Depuis que la commune de Donnemain a sollicité le conservatoire du Patrimoine de la Région Centre pour la sauvegarde et l'entretion de sa
Sur ce patrimoine naturel de quinze hectares de marais appartenant à la commune, deux hectares de roselière ont été fauchés l'an dernier, comme cela se pratiquait autrefois pour la renouveler et limiter la progression du boisement. Jeudi, ce sont des lycéens de Nermont, élèves en BTS gestion et maîtrise de l'eau ou de première bac techno STAV avec spécialisation Aménagements et valorisation de l'espace, qui sont intervenus sur cette partie de la roselière, procédant à l'étrépage de celle-ci sur une bande de quelques mètres sur une longueur de centaines de mètres de marais le long de la Conie. L'étrépage consiste à décaper la couche superficielle du sol, sur une vingtaine de centimètres. Avec le triple intérêt de rapprocher le niveau du sol (surélevé par l'accumulation de matières organiques) du niveau de la rivière, d'éviter une colonisation de boisement modifiant le milieu naturel et, par voie de conséquence, la faune et la flore et, enfin, de supprimer les parties les plus anciennes des racines en rhizomes des roseaux pour favoriser l'émergence de nouvelles pousses.
Mais il ne s'agissait pas seulement de travaux d'entretien : les opérations d'étrépage constitueront aussi une expérience grandeur nature qui permettra d'observer en quels endroits la repousse est la meilleure, du secteur le plus humide à l'endroit le plus sec ; une évaluation qui pourra orienter la conduite à tenir en matière de politique de gestion de la roselière. Ce fut aussi l'occasion pour ces "aménageurs de l'espace" d'un jour de faire l'apprentissage de la mise en place et de la conduite d'un chantier avec la répartition des tâches et des outils, la réponse aux questions : par où commencer, qui fait quoi, comment travailler et se déplacer dans la marais, les règles de sécurité à observer ? Des questions qui, dans le concret, sont tout sauf anodines. Avant les travaux pratiques, Rolant Paillat, du conservatoire du patrimoine de la Région Centre avait restitué la roselière dans son contexte naturel et dans son histoire. En montrant combien la survie de celle-ci dépend du niveau de la Conie, résurgence de la nappe de Beauce qui affleure ici au niveau du sol, qui dépend à son tour de l'activité humaine via la consommation d'eau potable et l'irrigation des terres agricoles. Sans prétendre retrouver la roselière du temps des rouches, ces roseaux qui couvraient les toits de Dheury et d'ailleurs, l'opération vise à en préserver ce qui peut l'être et notamment une mosaïque de milieux, gage de plus d'espèces végétales et animales accueillies sur le site. La repousse des roseaux ou le retour d'un busard du même nom en constituent d'encourageants prémices.
Gérard TURPIN - la République de Centre - Samedi 14 et dimanche 15 février 2009.
L'intervention de terrain, jeudi, à la roselière de Donnemain, a visiblement enthousiasmé des élèves habitués à ces expériences concrètes de terrain. Les élèves de BTS en première année d'apprentissage autour de Sophie Marcou, coordonnatrice et formatrice, qui alternent celles-ci avec le travail en entreprise et se trouvaient parfaitement dans le cadre de leur enseignement GEstion et Maîtrise de l'EAU (eau, assainissement, rivière) ; les lycéens en première de technologie STAV, sous la conduite de Laurent Hauville, enseignant en écologie et technologies des aménagements, qui, dès le lendemain, étaient à la Maison botanique de Boursay pour une découverte des trognes et du plessage des haies et qui iront prochainement sur le site du verger conservatoire de Miermaigne, dans le cadre d'une étude reposant sur l'ensemble d'un territoire (le Perche en l'occurence) et de l'ensemble de la chaîne qui va de la production végétale (greffe, taille) à la transformation.